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dimanche 8 octobre 2017

Artisanat + goodies

Nous avons mis en place, avec ma collègue de CE2, de l'artisanat dans sa classe. C'est, pour simplifier, la suite logique de la vie pratique. A l'élémentaire, les élèves ne s'y intéressent pratiquement plus (ok j'avoue, j'utilise quelques plateaux en CP pour muscler la main, mais j'arrêterai en fin de première période).


L'ARTISANAT : MAIS POURQUOI DONC ?

Contrairement à ce qu'avait affirmé une personne sur un groupe d'échange autour de Montessori, on peut greffer plein de compétences "éducation nationale friendly" sur ces différentes activités. Voici nos objectifs personnels, à vous de voir si vous pouvez en rattacher d'autres :
- motricité fine, "décrispage" de la main
- développement des compétences exécutives (tout ce qui permet d'aller au bout d'une tâche malgré la difficulté, la frustration parfois...)
- climat scolaire, vivre ensemble : entraide, tutorat
- développement de la créativité 
- (re)découverte d'un patrimoine (en lien avec "questionner le monde").


COMMENT FAIT-ON CONCRETEMENT ?

L'artisanat sortant du cadre de mes interventions, j'ai donc dû trouver une solution pour l'introduire dans la classe (faites-moi sortir par la porte, je rentrerais par la fenêtre...).
J'ai donc décidé de proposer une présentation par jour, sur le temps d'accueil de l'après-midi (je ne suis décidément pas du matin, donc j'ai abandonné ce temps qui était contre-productif pour tous). Dans mon école les enfants montent directement en classe dès 8h20 et 13h20 ; ce n'est pas vraiment du temps scolaire et cela me laisse le temps de faire une petite présentation (qui peut déborder jusqu'à 13h35, soyons fous).
En plus de ces temps d'accueils, les enfants ont également le droit de prendre l'activité présentée qu'ils veulent quand ils ont fini sérieusement leur travail en classe.
Les enfants ont un tableau à disposition, ils s'y inscrivent par deux sur une même activité. Comme dit plus haut, une présentation par jour. J'espère qu'ils seront rapidement autonomes pour se former les uns les autres ; je ne suis là que pour donner le déclic. Cliquez sur l'image pour télécharger la version modifiable !

https://drive.google.com/open?id=0B8EhjAvLM_dsbHI0c2xVUkdaU3M



QUELLES ACTIVITES SONT PROPOSEES ?
- Tawashi (petites éponges japonaises que les élèves utilisent pour laver leurs ardoises)
- Tissage
- Tressage
- Tricotin (wah, je viens de me rendre compte que c'est le "T" power !)
- Crochet
- Scoubidous. 

J'avoue, j'ai rapidement laissé tomber le tissage, c'est encore un peu trop difficile pour des élèves qui n'ont pas du tout l'habitude de ce mode de fonctionnement... on y reviendra en cours d'année !
Le tawashi est l'activité qui remporte le plus de succès pour le moment, avec le tressage.


COMMENT NE PAS LAISSER L'EQUIVALENT DU PIB DU LUXEMBOURG DANS CES ACTIVITES ?

1. Achetez des planches en bois (tapez dans les chutes à -50% dans les magasins)
2. Achetez un tuteur en bambou (un euro et des bananes selon M.E., qui m'en a gentiment donné un vu qu'il en utilise dans son exploitation)
3. Achetez un sachet de clous à tête plate (1 euros et des bananes aussi)
4. Un lot de crochet et 2/3 pelotes ne vaut pas grand chose dans les magasins comme Action.

Bref, en cherchant un tout petit peu, vous pouvez équiper entièrement une classe pour moins de 10 euros.

Pour fabriquer un métier à tisser, allez voir mon article.
Pour fabriquer un tawashi, c'est sur le blog de Luizzati (il existe également des vidéos si vous avez du mal à capter le truc).
Pour une planche à tresser, cet autre article peut vous aiguiller (sinon, il suffit de scotcher le bout de la tresse par terre).

Et je vous donne une astuce testée et approuvée pour les tricotins, super bon marché et pas prise de tête à fabriquer.
Sectionnez des morceaux de bambous de 8 cm environ. Donc sur un tuteur, vous pouvez en faire tout plein, en général c'est en 1m de long.
Plantez 4 clous à égale distance les uns des autres, renforcez le haut et le bas à l'aide de toile adhésive, et le tour est joué !
Un morceau de pique à brochettes servira d'aiguille à tricotin.


Melle Seconde était très fière de m'aider à tenir les bambous pendant que je cloutais. Mon Dieu qu'elle a grandi depuis l'article sur le métier à tisser <3


Eh oui, un échec arrive même aux meilleurs. D'où l'intérêt de bien planter au milieu du bois.


Derniers supports à télécharger, rien que pour vous !

Des modèles en tricotin :
https://drive.google.com/open?id=0B8EhjAvLM_dsZ1g5TzVmNHZBQkk


Un dossier complet sur le tissage :
https://drive.google.com/open?id=0B8EhjAvLM_dsSHM2NmwzY0xrUXM

N'hésitez plus à vous lancer, les élèves adorent !

lundi 6 février 2017

Apprendre à tresser

Salut par ici !

Je m'excuse de ma non-régularité sur ce blog (je m'étais fixée l'objectif d'un article par week-end) mais j'ai eu pas mal de contrariétés de toutes sortes ces derniers temps, et pas trop la tête à bricoler je l'avoue... ce ne sont pourtant pas les contenus qui manquent !!! Puis, en triant mes affaires (c'est une manie chez moi), j'ai retrouvé quelques petits trucs qui m'ont donné envie de m'y remettre.
On commence très soft avec un bricolage très facile et très bon marché. Même avec 2 mains gauches dans des moufles, vous pouvez y arriver !

C'est une activité toute simple qui permet de travailler concrètement la motricité fine et les compétences exécutives (mener un bien à projet, gérer sa frustration...). Elle peut être une première étape vers le tissage (je rajouterais une étape intermédiaire dont je vous parlerai prochainement...).
Pour cela, vous avez besoin d'une petite planche style planche à pain (j'ai trouvé la mienne en magasin de loisirs créatifs pour 1,20 euro...) et de rubans ou fils de coton.


Jusque là, tout va bien.


Si vous utilisez 3 rubans (je ne vous conseille pas le satin qui a tendance à glisser et rend donc la tâche plus difficile), il va peut être falloir agrandir un peu le trou, soit avec mes moyens du bord, soit avec une mèche très fine histoire de ne pas éclater le bois. J'ai opté pour des brins de coton (deux brins de chaque couleur, légèrement entortillés).



Vous égalisez les longueurs et faites un petit nœud solide derrière pour que les brins de coton ne passent pas par le trou.


Comme j'aime beaucoup travailler par terre (et je permets aux élèves que j'ai en classe de le faire), j'ai bloqué la planche avec mon pied pour que le tressage soit plus facile et les fils bien tendus.



Elle est pas merveilleuse ma tresse ? Elle peut devenir un bracelet à offrir ou se greffer sur une barrette, par exemple.
J'aurais envie de proposer, dans le cadre d'une classe, des brins de différents camaïeux de couleurs afin de laisser le choix aux enfants. Il faudrait cependant réfléchir à une façon simple d'installer les brins. J'avais imaginé les attacher à une petite aiguille à laine pour les faire passer facilement dans le trou...



Pour le côté auto-correctif, le visuel suffit (la tresse n'est pas régulière / harmonieuse...). Cependant pour aider l'enfant après avoir fait une présentation, je ne serais pas contre laisser un petit pas-à-pas de de ce style.


Et parce que souvent on me demande "mais que fais-tu de tes enfants pendant que tu fabriques du matériel ?"... ben ça arrive souvent qu'ils participent. Tout ce qui n'implique pas de peinture ou d'objet vraiment dangereux style scie ou perceuse (où j'ai besoin d'être très concentrée et où un moment d'inattention pourrait avoir des conséquences dramatiques), ils m'accompagnent. Dès que Mademoiselle Seconde a marché (c'est-à-dire très tôt), ça a été carrément plus facile. En plus c'est une enfant très autonome ; à partir du moment que tu lui expliques ce que tu fais et que tu es pas loin d'elle, elle est contente. Là par exemple pendant que je fabriquais le support à tresser, elle a sortis tous les brins de coton de leur contenant, les a triés ("Regarde maman j'ai fait un dessin !") puis les a rangés. Et ça, deux fois. En ce moment elle est à fond sur les couleurs et le tri / rangement, on en reparlera très vite.

L'oeuvre d'art de l'enfant seconde.


C'est pas merveilleux sensoriellement parlant ?!

samedi 30 avril 2016

Métier à tisser maison

Pour les ateliers de cet été, j'avais prévu de proposer l'arche romane Montessori, en lien avec l'histoire. 
J'ai pensé un temps la fabriquer moi-même grâce aux plans gratuits de chez 1, 2, 3 Montessori, mais j'ai senti rapidement la galère arriver, n'étant pas super à l'aise avec le travail du bois. Et vu que l'investissement en tasseaux était assez important, je n'avais pas envie de me contenter d'à peu près.
En farfouillant bien, j'ai fini par la trouver d'occase sur un site d'achat/vente bien connu (que nous appellerons l'Angle Correct pour rester discrets), mais bon, la super méga gentille attention s'est rapidement transformé en plan galère et anxiogène. Dans la vie, il faut savoir s'adapter, alors face à l'adversité j'ai décidé de proposer à la place un atelier tissage. Et en plus... j'en ai eu pour 0 euros, 0 centimes. Pile dans mon budget quoi :-D

Pour télécharger un dossier sur le tissage au cours des âges, je vous renvoie vers cet article.

Pour le côté pratico-pratique, il existe plein de façons de fabriquer un métier à tisser. Je tenais à ce que le mien soit en bois, et voici comment je m'y suis prise.

J'ai trouvé une grande chute de bois dans un magasin de bricolage, en général ils les soldent grave car ça ne sert pas à grand chose. Je fouille régulièrement le rayon et je prends ce qui peut potentiellement me servir plus tard. Dans cette chute, j'ai pu faire deux morceaux aux dimensions sympas (histoire de pouvoir tisser plus qu'une mini-écharpe pour poupée miniature).

J'ai tracé un trait à 3 cm des deux largeurs, puis ai indiqué l'emplacement des futurs clous tous les 1 cm. ATTENTION, LE NOMBRE DE CLOUS DOIT TOUJOURS ETRE PAIR (pour le nouage final). Par exemple, dans mon cas : la planche fait 26,5 cm, j'ai laissé 2,2 cm de bords libres, et donc il me restait 21,1 cm pour planter 22 clous (ouais, ok, y'a un petit millimètre dans le vent, mais arrêtons de chipoter).

Je vous conseille de marquer l'emplacement en appuyant un peu sur le bois, comme ça vous serez pas embêté-e-s à l'étape suivante. Le bébé en plastique au second plan c'est cadeau.



Ensuite, il ne reste plus qu'à gommer le trait ! Et comme vous aurez appuyé comme des bourrin-e-s, vous êtes tranquilles !



Et paf, paf, paf, te voilà parti-e pour un bruyant quart-d'heure. Je t'explique pas comment planter un clou quand même. Mais ne le plante pas trop profond, je t'en dis plus juste après.




A la 3ème rangée (je te rappelle que j'ai fait DEUX métiers à tisser), Mademoiselle Seconde a craqué sa couche et n'a plus voulu décoller de mes bras. J'ai donc cloué la dernière rangée avec une seule main, les gars. Tout ça pour vous dire que ça se passe comme ça dans la vraie vie, et que si on avait voulu être peinards, on n'aurait pas fait d'enfants EPICETOU.



J'ai fini par réussir à terminer. Remarque que mes clous ne sont ni droits, ni enfoncés pareils. T'inquiète, c'est fait exprès, il suffit de fignoler maintenant, en redressant les un peu tordus avec la tête du marteau puis en égalisant les hauteurs. C'est pour ça qu'il ne fallait pas trop enfoncer tout à l'heure ! Le champ de mine en fond, c'est cadeau aussi, mais on peut pas être au four et au moulin.




Voilà, c'est pas parfait, mais c'est quand même mieux.
EDIT, un an plus tard : pour que les clous aient les têtes bien alignées, il suffit de poser une cale et de taper sur le clou jusqu'à ce que la tête touche la cale...

  


Et voilà, t'as fini, même que t'as même pas mis deux heures. Il te reste plus qu'à te familiariser avec le montage de la trame de chaîne, la trame de fond et tout le toutim (ouais, j'ai appris plein de trucs en prime, je suis trop contente !).


   
Ah si j'oubliais. Tu peux te fabriquer une navette (pour enrouler le fil de trame) et une lame de tisserand (pour séparer tes fils de chaîne). C'est pas pas obligé, tu peux utiliser une aiguille pour la laine à la place de la navette et une règle en fer au lieu de la lame, mais les outils originaux ont leur charme je trouve...
J'ai fabriqué les miens dans une baguette de bois toute simple. J'ai tout découpé à la scie sauteuse, position B (comme Bas trop vite).
Pour la navette : j'ai fait une encoche à quelques millimètres du bord droit et gauche, puis j'ai cassé la partie du milieu. Un petit coup de ponçage et c'est tout !
Pour la lame : un morceau de tasseau plus long que ma planche (30 cm), une découpe en flèche au bout, ponçage et c'est fini.